Conseil de ville de Porrentruy du 17 mars 2016: interventions des Verts

Madame, Monsieur, chères amies et chers amis,

Lors du dernier Conseil de ville de Porrentruy du 17 mars 2016, les Verts du district sont intervenus sur trois points importants: une motion de Josquin Chapatte intitulée « Argent, démocratie et affichage politique », une question orale de Jean-Pierre Cafiso sur les « pavés innovants » et une intervention de Baptiste Laville sur l’intégration des vélos dans l’aménagement du carrefour de la rue Joseph-Trouillat/rue du Gravier.

L’ensemble des textes sont à lire ci-dessous:

1. Motion de Josquin Chapatte « Argent, démocratie et affichage politique »

Dans une campagne politique, l’argent ne fait pas tout. Il est néanmoins un excellent facilitateur. Nul ne remettra en cause le fait que, proportionnellement, celui qui investira une grande somme d’argent dans sa campagne fera de meilleurs scores dans les urnes.

Afin de permettre à toutes les idées d’être visibles et ainsi de réduire légèrement le rôle de l’argent dans les campagnes politiques, la municipalité de Porrentruy met librement à disposition des partis, lors des différentes élections communales, cantonales ou nationales, des panneaux d’affichage en métal. Un tel arsenal n’est, cependant, pas fourni lors des campagnes de votations. Et cela est bien dommage. En effet, si ces panneaux ne sont pas des plus gracieux, ils permettraient en revanche un traitement des idées plus équitable, aussi lors des ces autres grands moments de démocratie que sont les votations.

Ainsi, nous demandons à la Municipalité qu’elle mette librement à disposition des diverses forces en présence, lors de campagnes de votation, les panneaux d’affichage en métal dont elle dispose.

2. Question écrite de Jean-Pierre Cafiso « Pavés innovants »

Monsieur le Président, Madame la Conseillère Municipale, Messieurs les Conseillers Municipaux, chères collègues et chers collègues,

Le conseil municipal nous propose de soutenir le projet de « pavés innovants » d’une startup jurassienne de Courroux, qui aspire à diminuer les nuisances sonores liées au trafic motorisé tout en produisant de l’électricité.

Les pavés étant utilisés principalement dans le centre ancien, la production d’électricité se ferait donc grâce aux automobiles qui circulent dans notre vieille ville. Vouloir produire de l’électricité par le trafic routier dans le centre ville de Porrentruy n’est-il pas en contradiction avec le projet Cœur de Ville ?

Oui, les habitants du centre-ville souffrent du bruit, particulièrement avec le trafic routier. Les bâtiments mal isolés, les rues étroites et les pavés sont des facteurs qui aggravent la situation. L’OPB (ordonnance sur la protection contre le bruit) demande que des mesures concrètes soient prises dans les situations les plus critiques pour 2018.

Pour remédier aux nuisances, nous pouvons agir, sur le choix de revêtement phono absorbant, l’utilisation de pneus silencieux, mais surtout sur les limitations de vitesse et l’adaptation de la conduite. La Commune de Porrentruy a le pouvoir d’agir directement sur le choix du revêtement de la chaussée, mais également sur la vitesse en la diminuant, en limitant l’accès des voitures et en créant des zones piétonnes. Toutes ces propositions que je viens d’énumérer sont dans le projet « Cœur de Ville » et sont souhaitées par les citoyennes et citoyens de Porrentruy.

Le Conseil Municipal nous a proposé de soutenir un projet de pavés innovants, créé par une startup jurassienne. Elle propose des pavés en granules de caoutchouc provenant de pneus usagés qui aura la capacité de diminuer le bruit et en même temps produira de l’électricité. Nous sommes sensibles à cette manière de « recyclage » de nos pneus, et intéressés par une production d’électricité locale, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Toutefois vouloir produire de l’électricité par le trafic routier, me paraît en contradiction avec l’évolution de la mobilité souhaitée, spécifiquement dans le centre ancien.

Le choix du revêtement doit se faire aussi sur d’autres critères : l’impact environnemental, l’incidence sur la santé, la durabilité du produit, l’entretien, les coûts, l’aspect esthétique. Mais il doit être également en adéquation, je tiens à le souligner, avec les projets que nous avons soutenus et qui vont se mettre en place.

Nous disposons aujourd’hui de peu d’informations : quelles seront les incidences des contraintes atmosphériques ? En particulier puisque nous sortons d’une période hivernale nous ne savons pas comment ce revêtement réagira : pourra-t-on déblayer facilement la neige de la chaussée, que se passera-t ’il en cas de gel ? Quel sera le comportement de ce revêtement au cours des années et comment vieillira-t ‘il ? Deux situations nous interpellent particulièrement : comment ce matériau se comportera par de fortes chaleurs ? Est-ce qu’on aura des émissions de gaz et d’odeur liées à ces composants ? Est-ce qu’une étude a été faite des poussières spécifiques envoyées dans l’air ? Quelles incidences auront ces poussières sur la santé ? La diminution de la pollution de l’air est un enjeu majeur dans toutes les villes, donc aussi dans notre centre ancien.

Qui sera capable, si l’entreprise conceptrice disparaît, d’entretenir une chaussée aussi complexe, de garantir un bon fonctionnement sur le long terme de la production électrique ? Avons-nous des garanties dans ce domaine ?

En conclusion, Mesdames, Messieurs, nous ne devons pas résoudre un problème en en créant un autre, le projet de prime abord enthousiasmant ne donne pas aujourd’hui suffisamment d’informations et de garanties. C’est pourquoi je vous invite à rejeter cette proposition.

3. Intervention de Baptiste Laville « Vélo et aménagement du carrefour rue Joseph-Trouillat/rue du Gravier »

Monsieur le Président, Madame la Conseillère, Messieurs les Conseillers, chères collègues et chers collègues,

La réfection et l’élargissement du pont du Creugenat sont indispensables pour des raisons évidentes de sécurité et de fluidité du trafic. Profiter de ces travaux et de potentielles synergies afin d’aménager un giratoire au carrefour de la rue Joseph-Trouillat/Rue du Gravier apparaît, d’un point de vue aussi bien économique que pratique, comme une très bonne mesure. Nous saluons ici la qualité structurelle de ce projet.

Le crédit de CHF 126’369.- concerne uniquement l’aménagement de ce carrefour. Le dossier du projet qui nous a été soumis mentionne clairement des mesures d’aménagement afin de fluidifier le trafic motorisé et d’améliorer la sécurité des piétons. Mais pas une référence n’est faite au sujet du trafic cycliste, élément pourtant essentiel de la mobilité douce. Effectivement, sur l’ensemble du document, les deux maîtres d’ouvrages -Services des l’Infrastructures du Canton et Municipalité de Porrentruy- ne mentionnent pas une seule fois la mobilité cycliste et ne laisse aucunement entendre que celle-ci ait été envisagée, même de manière indirecte. La simple réalisation d’un giratoire n’étant en soit, aucunement une garantie de sécurité pour les cyclistes. L’ Association Transports et Environnement (ATE) consacre à ce sujet une brochure intitulée « Emprunter le giratoire à vélo » et y affirme que les cyclistes « courent des risques importants » dans les giratoires.

Le système de transport bimodal routier-piéton appartient au passé. Tout ouvrage urbanistique s’inscrivant dans une logique de durabilité, de plus s’inscrivant dans le sillage de Cœur de Ville, devrait intégrer une analyse multimodale de l’utilisation de l’espace. Ainsi, le projet de réalisation d’un plan directeur des déplacements et du stationnement acceptée lors du dernier Conseil de ville, affirmait très justement que Porrentruy était « propice aux déplacements à pied et à vélo » et disposait donc d’un « important potentiel » dans le domaine de la mobilité douce.

Dans ce même état d’esprit, il est important de rappeler que le Conseil de ville avait déjà voté et accepté le 11 mai 2006 la motion PDC « Pour des itinéraires piétonniers et cyclistes à Porrentruy » qui demandait au Conseil municipal d’élaborer non seulement un plan de mobilité douce dans notre ville, mais aussi de marquer visuellement et de sécuriser les itinéraires piétonniers et cyclistes.

Le carrefour de la rue Joseph-Trouillat/Rue du Gravier, emprunté par plus de 8000 véhicules par jour, se situe justement sur un des itinéraires cyclables les plus importants de Porrentruy. Mentionné au plan directeur des déplacements deux roues comme un itinéraires d’intérêt régional ainsi que sur le plan de Pro Velo Jura « Porrentruy à vélo », cet itinéraire cyclable est même imaginé au plan directeur de la mobilité douce comme étant une sorte d’axe principal de la mobilité à Porrentruy. En accord avec la motion acceptée en 2006 et afin de désamorcer au plus tôt de potentiels conflits d’usages entre mobilité douce et motorisée, le projet d’aménagement du carrefour rue Joseph-Trouillat/Rue du Gravier aurait dû porter une attention particulière aux besoins des cyclistes.

Simple oubli ou omission volontaire? Peu importe. La sécurité routière de tous les usagers -des transports individuels motorisés, des transports publics, des piétons, mais aussi celle des cyclistes- doit être envisagée politiquement dès l’avant-projet. Force est de constater, à la lecture des documents soumis, que les vélos n’ont pas pesé bien lourd dans la balance. Mais il n’est jamais trop tard…

Nous demandons donc au Conseil communal, lors d’aménagements à venir, de prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir que ce giratoire s’intégrera dans une logique plus large de promotion et de sécurisation des itinéraires cyclables et sera donc compatible avec les ambitions de la commune en matière de mobilité douce. Le groupe PS/Verts, ayant ainsi rendu attentif le Conseil communal, lui fait désormais confiance pour promouvoir une politique cohérente des déplacements qui sécurisera l’ensemble des usagers de la route. Le groupe accepte donc d’entrer en matière et votera le crédit demandé de CHF 126’369.-.

Les commentaires sont désactivés.