A propos du démantèlement des transports publics dans le Jura

Les CFF et l’Office fédéral des transports (OFT) se moquent vraiment de nous. Ils sacrifient l’accessibilité et la centralité de notre canton tout en osant prétendre augmenter l’attractivité des transports publics dans l’arc jurassien (QJ 03.02.2015)! La suppression de la liaison Bâle-Lausanne/Genève via Laufon et Delémont, la progressive mise en place d’un système de navettes au lieu de nos trains directs et les horaires 2016 avec attentes dissuasives n’ont absolument rien d’attractifs ! Ce sont des atteintes graves à l’encontre du réseau de communication jurassien et de ses usagers.

Les pendulaires en direction de Bâle seront fortement touchés par les horaires 2016. Une attente quotidienne, hivers comme été, de 26 minutes (13 à l’aller et 13 au retour) sur un quai de gare à Delémont les dissuadera vite d’utiliser les trains directs. De plus, la liaison S3 du réseau express régional bâlois ne s’avèrera pas être une alternative crédible. Ce S-Bahn, «Stadtschnellzug » ou « Train urbain rapide », a pour vocation initiale de desservir l’agglomération bâloise. Mais le Jura en est bien trop éloigné pour que ce service, avec ses nombreux et interminables arrêts, soit efficace et attractif. Soyons honnêtes : le S3 n’augmente pas l’accessibilité du Jura mais le décentralise en réduisant par exemple Porrentruy, capital de l’Ajoie et deuxième ville du Jura, en station terminale pour omnibus bâlois. Porrentruy se targuait naguère d’être la ville suisse la plus proche de Paris. Dès 2016 et grâce aux CFF, Porrentruy deviendra encore un peu plus la banlieue la plus éloignée de Bâle!

Les pendulaires, à l’image de l’ensemble des usagers du réseau ferroviaire jurassien, se détourneront petit à petit du train et reviendront par dépit à l’automobile. La qualité des transports publics, l’écologie et le développement économique durable de notre Canton sont ainsi passés, une fois de plus, par les pertes et profits de la rentabilité et du profit maximal.

Malgré l’ensemble des efforts déjà fournis, le Gouvernement jurassien et les politiques de tous bords doivent continuer à se battre et faire pression sur les CFF. Le capital de cette société anonyme de droit public est détenu en totalité par l’Etat fédéral. Des leviers et solutions politiques existent donc,…oui on le peut!

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